Le Randonneur

Paris-Rouen en vélocipède

Du 9 au 11 novembre 2019

Paris-Rouen à vélocipède
Photo de Marie-Odile Bertou

Comme annoncé sur le site du Randonneur, les 9, 10 et 11 novembre une vingtaine de vélocipédistes  se sont lancés sur le parcours Paris-Rouen en souvenir du 150ème anniversaire de la première randonnée à vélo(cipède) en novembre 1869 qui allait de Paris à Rouen.
Les routes d’hier, comme la circulation, n’étaient pas celles d’aujourd’hui et nos vélocipédistes de 2019 ont bien du mérite, mais quand on aime… 

Même si eux mettront trois jours, quand les vélocipédistes de 1869  devaient mettre 24 heures.

Paris-Rouen à vélocipède
Photos de Marilou Cauchon
Paris-Rouen à vélocipède

Ils s’étaient donné rendez-vous au matin du 9 novembre au café  « Le Cristal », avenue de la Grande-Armée, au coin de la rue de Tilstitt, à l’ombre de l’Arc de Triomphe.  À 7 heures, il y avait forte animation au café où je les ai retrouvés. Puis l’heure de l’avant-départ est donnée ; celui de quitter le café et de se préparer au grand départ, avec salve de photos pour marquer l’événement.  Keizo Kobayashi ne manque pas de lancer « son cri de guerre » dont il est coutumier, en soulevant son lourd vélocipède.

Les vingt participants, dont une femme, sont tous vêtus avec élégance, ce qui contraste avec les cyclos à la mode 2019 qui les accompagnent pour sortir de la région parisienne, à l’exception de deux d’entre eux que je reconnais pour avoir l’habitude de « rouler à l’ancienne », c’est-à-dire avec élégance vestimentaire. À 7 heures 30, revêtus par sécurité d’une chasuble blanche, ils s’élancent sur leur lourd engin pour une randonnée de 172 kilomètres sur trois jours. Ils quittent Paris, avant le lever du soleil, par  l’avenue Foch et  le Bois de Boulogne. Cette première journée de vélocipède les amènera à Mantes-la-Jolie.

Quelques-uns de nos amis les ont retrouvés sur le parcours, dont Patrick Jordan qui est allé à leur rencontre à Triel et les a accompagnés sur une trentaine de kilomètres jusqu’à Limay.

« Dans les communes traversées : Triel-sur-Seine, Vaux-sur-Seine, Thun, Hardricourt, Meulan, Gargenville, les vélocipédistes étaient accueillis chaleureusement par les maires et une foule de gens admirative de leur performance. Par contre, pour les accompagner, nous n’étions alors que trois cyclistes. Il faisait beau et j’ai passé un très bon après-midi au côté de ces valeureux vélocipédistes qui tous roulaient dans la bonne humeur », dit Patrick.

 

 

 

 

 

 

 
 
 

Le lundi 11 novembre, le groupe des 20 Vélocipédistes partis des Andelys, se dirige vers Rouen pour la troisième et dernière journée de ce périple mémoriel.

Le froid et la pluie ont rendu la matinée bien difficile ; ils accusèrent une heure et demie de retard sur l’horaire prévu.

Heureusement, le soleil les sécha et réconforta l’après-midi.

À leur arrivée à Amfreville-la-Mi-Voie, dernier point d’animation et de rencontre avant Rouen, ils étaient souriants et disponibles aux échanges.

En regardant leurs montures, j’ai constaté un anachronisme amusant : celui qui menait le groupe avait installé sous son guidon un compteur GPS. Seul concession à la modernité, car pour le reste, vélos et tenues donnaient tout à fait l’impression d’être retournés 150 ans en arrière.

La seule femme présente m’a dit avec un grand sourire qu’elle était heureuse de représenter les femmes de l’édition de 1869.

Certains, plus âgés, semblaient bien fatigués, et expliquaient qu’à chaque tour de pédale, il fallait compenser l’équilibre en tirant sur le guidon, d’où des douleurs aux bras plus qu’aux jambes. De plus, il y avait des côtes un peu raides, qui les ont obligés à monter et quelquefois même à descendre à pied. En voyant les vélocipèdes de près, on comprend vite pourquoi.

Certains avaient placé des rubans de caoutchouc autour du fer de leurs roues, à cause de la pluie, ce qui s’était également fait 150 ans plus tôt.

Ils ont bien expliqué à la foule amassée le but de leur périple, son histoire, et parlé de leur passion pour le vélocipède. Malgré l’heure tardive, ils ont terminé par une animation en faisant chanter tout le monde, à l’initiative de Gérard Holtz, l’un des participants.

Une bien belle rencontre avec ce groupe de passionnés.

Ils sont repartis à la nuit tombante, pour arriver ensemble à Rouen.

Paris-Rouen à vélocipède
Paris-Rouen à vélocipède
Photos Marie-Odile Bertou

Marie-Lou Cauchon – Patrick Jordan – Marie-Odile Bertou

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